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Est-il sûr de faire du sport lorsque la pollution atmosphérique est élevée?

Est-il sûr de faire du sport lorsque la pollution atmosphérique est élevée?
Ainhoa Pérez
Ainhoa Pérez
Alumni
    Alfonso Bordallo
MPH, MSc.
Une récente revue systématique d'études a analysé l'effet de l'activité physique sur la santé dans des environnements fortement pollués. Les résultats suggèrent que ses effets protecteurs sont maintenus.

PHYSIOPATHOLOGIE ET MÉCANISMES

La pollution atmosphérique est l'une des principales causes de mortalité dans le monde, avec environ 7 millions de décès prématurés chaque année, principalement dus à des maladies respiratoires, cardiovasculaires et cérébrovasculaires associées. Parmi les polluants les plus importants figurent les particules fines (PM2,5), le dioxyde d'azote (NO2) et l'ozone, qui provoquent une inflammation systémique, un stress oxydatif et un dysfonctionnement endothélial. L'activité physique est systématiquement associée à un risque moindre de maladies cardiovasculaires, respiratoires et oncologiques, grâce à des mécanismes tels que la réduction de l'inflammation systémique, l'amélioration de la fonction cardiovasculaire et respiratoire et le renforcement du système immunitaire. Cependant, la question a été soulevée de savoir si l'exercice physique dans des environnements pollués pourrait augmenter l'absorption de substances toxiques en augmentant le volume ventilatoire, ce qui entraînerait des risques pour la santé.

ÉTUDE

Une revue systématique et une méta-analyse (Martin et al., 2025) ont examiné les résultats de huit études de cohorte menées dans différents pays, portant sur plus de 1,4 million d'adultes, avec un suivi de 10 à 25 ans. Cinq études ont analysé la mortalité toutes causes confondues, et trois ont porté sur des causes spécifiques (cardiovasculaires, respiratoires et oncologiques). L'exposition aux polluants a été estimée à l'aide de modèles spatio-temporels basés sur des données satellitaires, des stations de surveillance et des outils statistiques, principalement axés sur l'analyse de l'exposition aux particules fines. L'activité physique a été mesurée à l'aide de questionnaires classant celle-ci en fonction de son intensité métabolique (MET). Trois comparaisons principales ont été effectuées : les personnes exposées à la pollution sans faire d'exercice, les personnes actives dans des environnements non pollués et les personnes actives dans des environnements pollués. Les modèles ont été ajustés en fonction de variables cliniques et sociodémographiques.

PRINCIPAUX RÉSULTATS

L'exposition à la pollution atmosphérique sans activité physique a été associée à une augmentation du risque de mortalité, qui augmentait avec des niveaux de pollution plus élevés. À l'inverse, même dans des environnements fortement exposés aux polluants, l'activité physique a été associée à une réduction de la mortalité par rapport aux personnes inactives, l'effet protecteur étant observé à différents niveaux d'activité physique. De même, une relation protectrice de l'exercice physique a été mise en évidence dans les environnements peu pollués. Une grande hétérogénéité a été observée entre les études, mais la certitude des preuves (GRADE) était élevée en ce qui concerne l'effet principal de l'activité physique dans les environnements pollués, et modérée pour la plupart des résultats secondaires.

CONCLUSION ET PERTINENCE CLINIQUE

En conclusion, cette méta-analyse confirme que l'activité physique réduit la mortalité même dans des contextes de forte pollution atmosphérique. Bien que l'exposition aux polluants augmente le risque de décès, l'exercice physique conserve son effet protecteur, avec des ampleurs comparables à celles observées dans des environnements non pollués. Aucune relation dose-réponse significative n'a été trouvée entre le niveau d'exercice et la réduction de la mortalité dans les environnements pollués, bien que des bénéfices aient été observés même avec de faibles niveaux d'activité physique. Toutefois, au niveau individuel, il est recommandé de rechercher des environnements où l'air est de bonne qualité pour faire de l'exercice, comme les parcs éloignés de la circulation. Parmi les principales limites, on peut citer la grande hétérogénéité méthodologique, la caractérisation insuffisante du type d'activité physique ou du polluant spécifique, et l'absence de mesures objectives. Bien que des données satellitaires aient été utilisées, l'estimation indirecte de l'exposition environnementale pourrait introduire des biais de classification. Malgré ces limites, les résultats des différents sous-groupes sont cohérents. Les études futures devraient intégrer des mesures objectives, des biomarqueurs et le rôle des infrastructures urbaines dans l'exposition et la pratique de l'exercice physique.
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Références:
Martin, L et al, 2025. Physical activity, air pollution, and mortality: A systematic review and meta-analysis. Sports Medicine - Open, 11(35). https://doi.org/10.1186/s40798-025-00830-z

* Les actualités publiées sur les études ne représentent pas une position officielle de l'ICNS, ni une recommandation clinique.
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