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Une faible sensibilité olfactive est associée à un risque accru de mortalité

Une faible sensibilité olfactive est associée à un risque accru de mortalité
Ainhoa Pérez
Ainhoa Pérez
Alumni
    Alfonso Bordallo
MPH, MSc.
Une revue systématique et une méta-analyse publiées dans JAMA Otolaryngology ont examiné la relation entre le dysfonctionnement olfactif et la mortalité toutes causes confondues, et ont conclu que le dysfonctionnement olfactif était associé à une augmentation de la mortalité.

PHYSIOPATHOLOGIE ET MÉCANISMES

Le système olfactif humain joue un rôle crucial dans la survie, participant à des aspects sensoriels, affectifs, mnésiques, appétitifs, évitatifs, etc., grâce à sa connexion avec les structures limbiques et hypothalamiques. La sensibilité olfactive a été proposée comme biomarqueur du vieillissement, et son altération, fréquente chez les personnes âgées de plus de 65 ans, est associée à des maladies neurodégénératives et systémiques. De plus, la perte de l'odorat peut accroître la déconnexion affective et l'isolement social, qui sont à leur tour associés à une plus grande détérioration cognitive, à la dépression et au manque de soins personnels, entraînant un risque accru de malnutrition, de démence, de fragilité, etc. La relation entre le système olfactif et la santé est donc bidirectionnelle.

ÉTUDE

Une revue systématique et une méta-analyse (Pang et al., 2022) ont évalué la relation entre le dysfonctionnement olfactif et la mortalité toutes causes confondues. Onze études observationnelles, pour la plupart prospectives, portant sur plus de 21 000 participants, principalement âgés de plus de 60 ans, ont été incluses. La fonction olfactive a été évaluée à l'aide de tests objectifs standardisés (tels que le Brief Smell Identification Test et le San Diego Odor Identification Test) ou par auto-évaluation, avec un suivi moyen de 4 à 13 ans selon l'étude.

PRINCIPAUX RÉSULTATS

La dysfonction olfactive était associée à une augmentation de 52 % du risque de mortalité. Cette association persistait après différents ajustements et était cohérente entre les pays et les méthodes d'évaluation. Les études utilisant des tests objectifs ont montré une association plus forte avec la mortalité, mais avec une grande hétérogénéité. L'analyse de méta-régression a identifié la durée du suivi comme un modificateur de l'effet, ce qui suggère qu'avec le temps, les facteurs influençant la mortalité augmentent, diminuant ainsi le poids statistique de la relation olfactive. La qualité globale des preuves était modérée.

CONCLUSION ET PERTINENCE CLINIQUE

L'odorat présente une association indépendante avec la mortalité, ce qui suggère qu'il s'agit d'un indicateur du vieillissement biologique et de la manifestation précoce de troubles neurodégénératifs et de fragilité. Le nerf olfactif, seul nerf crânien directement exposé à l'environnement, a un taux de renouvellement élevé et est particulièrement vulnérable aux toxines et aux agents pathogènes, ce qui rend cette voie particulièrement sensible aux lésions neurodégénératives. D'autre part, une accumulation précoce de bêta-amyloïde et d'alpha-synucléine a été détectée dans les structures olfactives, avant même l'apparition des symptômes cliniques de maladies telles que la maladie d'Alzheimer et la maladie de Parkinson. Des facteurs immunitaires systémiques, métaboliques et d'autres troubles systémiques peuvent également l'affecter. Un lien avec la santé mentale a également été établi. Une étude de cohorte récente (Ruane et al., 2025) étend ces preuves en constatant que la perte de l'odorat prédit la mortalité générale et par causes spécifiques, soulignant une forte association avec les décès d'origine neurodégénérative. Ce travail fournit également une analyse de médiation qui révèle que la démence, la fragilité et la malnutrition expliquent une partie importante de cette association à court terme, soulignant l'importance de l'odorat comme signe précoce de détérioration systémique. À long terme, la fragilité est restée le principal médiateur. En outre, l'étude a identifié une interaction significative avec l'allèle E4 du gène APOE, un marqueur génétique de risque de démence, observant une mortalité plus élevée associée à la détérioration de l'odorat chez les porteurs de cet allèle, en particulier lors du suivi à six ans.

Ces résultats soulignent la nécessité de considérer l'hyposmie non seulement comme une altération sensorielle isolée, mais aussi comme un indicateur clinique pertinent dans l'évaluation globale des personnes âgées. Toutefois, l'hétérogénéité méthodologique entre les études, le manque de données longitudinales avec des mesures répétées, la possibilité de facteurs de confusion résiduels et la nature observationnelle des preuves empêchent d'établir un lien de causalité. Des travaux futurs devront clarifier la directionnalité de cette association, sa valeur pronostique chez les populations plus jeunes et son utilité en combinaison avec d'autres marqueurs du vieillissement biologique.
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Références:
Pang, N. Y.-L et al, 2022. Association of olfactory impairment with all-cause mortality: A systematic review and meta-analysis. JAMA Otolaryngology-Head & Neck Surgery, 148(5), 436-445. https://doi.org/10.1001/jamaoto.2022.0263

Ruane R et al, 2025. Olfactory Deficits and Mortality in Older Adults. JAMA Otolaryngol Head Neck Surg. Published online April 10, 2025. https://doi.org/10.1001/jamaoto.2025.0174

* Les actualités publiées sur les études ne représentent pas une position officielle de l'ICNS, ni une recommandation clinique.
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